les cathares reviennent

Image extraite du film les cathares

Au cours du grand bouillonnement spirituel de l’An Mil, des communautés de clercs, moines et laïcs, partout en Europe, hommes et femmes mélés commencèrent à réclamer un retour aux idéaux de l’église chrétienne primitive. Celle de Jésus et de ses apôtres qui enseignait la simplicité, le partage et l’amour du prochain.

Tous ces affamés de Dieu critiquaient ouvertement les fastes de l’église romaine, ses richesses, sa complicité avec les puissants de l’époque. Ils rejetaient en bloc tous les sacrements de l’église catholique et ses pratiques considérées comme superstitieuses, les cultes idolâtres des reliques, des statues de saints et toutes les bénédictions ou madédictions diverses destinées à enrichir encore plus cette église de plus en plus éloignée à la fois de ses sources et du peuple.

Ces contestataires furent appelés Cathares (du grec katharos signifiant purs)

Comprenant vite le danger, les conservateurs de l’église romaine bien établis et nantis dans leurs privilèges les qualifièrent d’hérétiques. Les bûchers de l’intolérance firent leur apparition. On commenca à brûler en Angleterre, en Rhénanie, en Lombardie, en Champagne, en Bourgogne, en Aquitaine.

Partout sauf dans le royaume de Bulgarie où on les appelle bogomiles qui signifie “aimés de dieu ” et dans le sud-ouest de la France en pays occitan où les gens du peuple les appelle les bons chrétiens et les fidèles, les bons hommes et les bonnes dames. Dans ces régions les seigneurs locaux les tolèrent et les protègent.

Pendant trois générations, les maisons des communautés cathares se multiplient entre Toulouse et Carcassonne, entre Agen, Albi et Foix. Dans ces maisons situées au cœur des bourgs et des villages, les chrétiens et chrétiennes cathares prient et travaillent.

Cette église mixte qui se faisait appeler l’église des amis de dieu n’emploie pas de serfs, ne perçoit ni dîme, ni taxes comme l’église romaine.

Les cathares travaillaient de leurs mains pour vivre, ils partageaient la vie des hommes qu’ils cotoyaient et recevaient malades, indigents et visiteurs dans leurs maisons.

Ils priaient là où ils pouvaient de jour comme de nuit. Ils n’avaient ni église, ni temple, ni autel car disaient-ils, Dieu n’a nul besoin de ces artifices pour le célébrer. De jour c’est en direction du soleil qu’ils célébraient Dieu et la nuit en direction des étoiles, car Dieu est avant tout lumière et amour.

Ils sortaient toujours par deux, bâton de pèlerin à la main, besace à l’épaule pour aller prêcher par les routes et villages. Ils étaient des prédicateurs très convaincants par leur culture et leur simplicité. Ils ne proposaient pas un prêchi-prêcha pour sacristies, mais une parole vraie, insérée dans la vie de chacun.

les bons hommes

Il ne faut pas croire que malgré leur vie d’ascètes, ces pauvres du Christ étaient des pisse-vinaigres et des rabat-joie, bien au contraire ils possédaient cet humour qui caractérise les gens intelligents.

Ainsi par exemple à ceux qui leur reprochaient de ne pas adorer la croix, ils répondaient : « Si ton père avait été pendu, adorerais-tu la corde qui l’a fait mourir ? ».
Et pour le signe de croix, ils affirmaient que c’était un très bon moyen l’été, pour chasser les mouches de son visage.

Quand ils rencontraient des paysans s’en remettre à Dieu pour les récoltes, ils leurs rétorquaient : « Ce n’est pas Dieu qui fait les bonnes récoltes mais le fumier que l’on met dans la terre »

C’est dire à quel point ils étaient redoutés par les prédicateurs catholiques qui ne leur arrivaient pas à la cheville et qui reconnaissaient malgré eux, un ennemi beaucoup plus fort spirituellement.

Une piété simple, sobre, authentique, naturellement solennelle et sans emphase, telle était l’expression religieuse de ces cathares

Jusqu’en 1209, année de grand malheur où le pape Innocent III appelle à la croisade contre les hérétiques appelés "Albigeois".
La répression catholique est féroce, le cauchemar des cathares commence. Sac de Béziers, prise de Carcassonne, bûcher de Minerve où 140 cathares sont brûlés, puis la cité de Lavaur avec cette fois 400 cathares brûlés.

L’inquisition s’installe, on massacre, on torture et on brûle au nom de Dieu !

En 1242, les chevaliers occitans qui pour majorité d’entre eux avaient une sœur, une mère chrétienne brûlée vive à venger se révoltent contre le joug papal. Un certain nombre d’entre eux gagne Montségur, un village fortifié demeuré inviolé. Des cathares survivants les accompagnent et reconstituent l’église interdite.

montsegur

Montségur constitua durant douze années un pôle de résistance militaire et religieux à Rome et au roi de France. Qualifiée d’hydre de l’hérésie par le pape, la forteresse de Montségur finit par capituler après un siège d’une année. Plus de deux cents bons chrétiens et bonnes chrétiennes, auxquels s’étaient joints une trentaine de dames, soldats et chevaliers volontaires pour le martyre furent précipités dans un enclos fait de pals et de pieux auquel on mit le feu.

Le bûcher des “parfaits” de Montségur illumina les pentes vertigineuses de la montagne refuge. L’église cathare devint clandestine et finit par disparaître.

En 1321 le dernier “parfait” cathare connu, Guillaume Bélibaste est arrêté et brûlé vif à Villerouge -Termenès.

En 1309, celui-ci après une longue méditation, prédisait :

“ Au cap de sept cents ans, le laurier reverdira “

Minerve, la colombe de lumiere

700 ans sont passés, les CATHARES reviennent


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